
ENTREVUE AVEC LE SCULPTEUR "GUY LARTIGUE" À SON ATELIER
Pour moi, c'est la création en toute liberté d'un art tridimensionnel en plein air, un lieu de rencontre dans la cité. Se servir d'un matériau choisi pour tenter une rencontre, d'où naîtra une œuvre.
Comment devient-on sculpteur ?
Présentement, l'apprentissage se fait sous forme de modelage, enseigné devant des modèles vivants et par la multiplication de dessins également, d'après modèle. Hélas, les écoles ou académies n'enseignent généralement ni le moulage, ni la taille de la pierre, ni le travail du métal. Il doit, après les études faites au milieu d'élèves, se retrouver seul dans son atelier avec divers matériaux, les choisir, et se découvrir grâce à eux ; Souhaiter des relations qui apporteront au rêve la possibilité de devenir réalité.et également C'est a dire des commandes.
Comment vend-on ses œuvres ?
Les salons d'artistes, du moins de mon temps, étaient des lieux de rencontre où les artistes pouvaient comparer leurs œuvres et le public en prendre connaissance. Dans ce public un galeriste intéressé peut donner sa chance à un créateur en l'exposant dans sa galerie et en le défendant. Un promoteur ou un architecte peut également être intéressé et par ce contact occasionner des commandes.
Comment devient-on célèbre, y a-t-il un secret de la réussite ?
Vous me faites sourire, mais je vais vous répondre ce que je pense. Un artiste a beaucoup de chance quand il rencontre un galeriste qui perçoit son talent, qui lui laisse sa liberté d'expression et qui peut grâce à ses relations, vendre et également racheter les œuvres de son "poulain" ; ainsi il le soutiendra financièrement et lui créera une cote par le choix judicieux d'amateurs d'art avertis parmi ses clients. Ceci n'est pas l'unique parcours pour un artiste ; s'il se consacre plus volontiers à l'art monumental, son pouvoir d'achat pourra certes être assuré, mais sa cote, elle, ne le sera pas dans les même proportions.
Vous avez réalisé et vendu beaucoup d'œuvres ? Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?
J'ai à mon atelier, comme vous pouvez le constater, cinq ou six œuvres qui sont des sculptures fontaines en marbre, en inox et en bronze. Aussi, de très nombreuses maquettes, œuvres de petite dimension et également des propositions pour des réalisations à grande échelle ; et puis quelques maquettes récentes de sculptures figuratives mobiles en cuivre. Elles sont toutes disponibles à la vente.
Quelles recommandations donneriez-vous aux jeunes artistes d'aujourd'hui ?
Être sculpteur : un défi.
La sculpture est un art difficile qui demande, métier, outillage et atelier. Les commandes semblent être de plus en plus rares et cet art premier, qui a fait l'histoire de l'humanité qui a donné à chaque pays et à chaque siècle son image, est un art mal reconnu, ne serait-ce que financièrement, par rapport à la peinture de chevalet. Il me semble qu'il faut être très fou pour prétendre pratiquer cet art, ou très normal et excessivement confiant.
Propos recueillis par Vincent Malassenet lors d'une entrevue à l'atelier de l'artiste.
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